Matériel obligatoire à bord : votre liste en 3 questions
Le matériel de sécurité exigé sur un bateau de plaisance dépend de la distance à laquelle vous vous éloignez d'un abri. Trois questions suffisent pour savoir ce qui doit être à bord. Les voici, avec la liste qui en découle.
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Question 1 — Jusqu'où comptez-vous aller ?
La Division 240, le texte qui fixe le matériel de sécurité des bateaux de plaisance de moins de 24 mètres, prévoit quatre armements :
- Basique : jusqu'à 2 milles nautiques d'un abri.
- Côtier : jusqu'à 6 milles nautiques.
- Semi-hauturier : de 6 à 60 milles nautiques.
- Hauturier : au-delà de 60 milles nautiques.
Chaque niveau reprend tout le matériel du niveau précédent et en ajoute. Choisissez la distance de votre sortie la plus lointaine, pas celle d'aujourd'hui. Sur un bateau à moteur, avec le permis côtier, vous ne dépasserez de toute façon pas 6 milles nautiques (voir la page « Jusqu'où puis-je aller ? »).
Question 2 — Moteur ou voile ?
Deux éléments changent selon le bateau :
- Coupe-circuit : exigé pour un moteur hors-bord commandé à la barre ou en déporté. Il est relié au poignet, à la jambe ou au gilet du pilote dès que le moteur tourne, et un second coupe-circuit doit être à bord, à un endroit connu de tous.
- Harnais et longe (à partir du semi-hauturier) : un par bateau pour un bateau à moteur, un par personne sur un voilier.
Question 3 — Qui est à bord ?
Un gilet ou une aide à la flottabilité par personne, adapté à sa taille et à son poids. Son niveau dépend de la distance :
- 50 newtons au moins jusqu'à 2 milles nautiques ;
- 100 newtons jusqu'à 6 milles nautiques (ou un gilet de 50 newtons porté) ;
- 150 newtons au-delà.
Un enfant de 30 kg ou moins porte en permanence un gilet de 100 newtons au moins, quelle que soit la distance.
Votre liste
Armement basique (jusqu'à 2 milles nautiques d'un abri)
- un gilet ou une aide à la flottabilité par personne ;
- une lampe torche étanche, ou une lampe individuelle sur chaque gilet (6 heures d'autonomie au moins) ;
- le coupe-circuit, pour les hors-bord concernés ;
- les moyens de lutte contre l'incendie indiqués dans le manuel du propriétaire ;
- une écope ou une pompe à main ;
- un dispositif de remorquage (un bout et un point pour l'amarrer) ;
- une ligne de mouillage, si le bateau pèse 250 kg ou plus à vide ;
- un moyen de connaître les heures de marée du jour pour votre zone (l'annuaire papier n'est pas obligatoire) ;
- le pavillon national, seulement hors des eaux territoriales.
Armement côtier (jusqu'à 6 milles nautiques) : tout le basique, plus
- une bouée fer à cheval ou une bouée couronne (un gilet, même muni d'une lampe, ne la remplace pas) ;
- 3 feux rouges à main, dans leur date de validité ;
- un compas magnétique, étanche, visible depuis la barre ;
- les cartes marines officielles de la zone ;
- le règlement pour prévenir les abordages en mer (RIPAM) ;
- la description du balisage.
Au-delà de 6 milles nautiques (semi-hauturier, hauturier) : radeau de survie, VHF fixe, matériel pour faire le point, livre des feux, journal de bord, moyen de recevoir la météo, harnais, trousse de secours, projecteur de nuit, puis balise de détresse et VHF portative en hauturier. Sur un bateau à moteur, ces sorties demandent l'extension hauturière : la liste complète est dans la fiche officielle.
Ce que la loi n'exige pas, mais que les sauveteurs conseillent
La fiche du ministère, réalisée avec le concours de la SNSM, rappelle que le matériel réglementaire est souvent un minimum. Elle conseille notamment une VHF (de préférence avec appel sélectif numérique), un couteau et quelques outils, des pièces de rechange dont un filtre à carburant, une couverture de survie, et de porter le gilet dès qu'on est sur l'eau. Un gilet rangé dans un coffre ne sert à rien.
Cap Calme ajoute une liste « bateau prêt », à part et non réglementaire : plein fait avec un tiers de réserve (ou batterie chargée avec 30 % de réserve au retour), moteur vérifié, coupe-circuit attaché, gilets portés, un proche prévenu de l'heure de retour. Les pannes sont l'une des premières causes d'intervention des secours en mer.
Faire votre liste en une minute
Dans Cap Calme, indiquez votre bateau, votre permis et votre armement : la liste du matériel obligatoire s'affiche pour ce bateau, à cocher avant de partir, avec un lien vers la fiche officielle. Ce qui n'est pas exigé avec votre limite (le pavillon national, quand vous restez dans les eaux territoriales) est masqué, et reste visible d'un geste. Pas de compte à créer, pas de publicité.
Bon à savoir
- Le matériel doit être en bon état, accessible, et chacun à bord doit savoir où il se trouve.
- Les feux à main périmés peuvent être rendus au point de vente quand vous en achetez de nouveaux. Ne les jetez pas et ne les tirez pas pour vous amuser : vous déclencheriez les secours.
- En cas de détresse : VHF canal 16 en mer, ou le 196 (CROSS, gratuit) depuis un téléphone.
Cette page résume la réglementation pour un bateau de plaisance à usage personnel, en mer. Les engins de plage, les annexes et les véhicules nautiques à moteur ont des règles propres. Seuls les textes officiels font foi.
Sources de la page
- Fiche « L'équipement de sécurité des navires de plaisance » (DGAMPA, mars 2025, avec le concours de la SNSM)
- « Le matériel d'armement et de sécurité et les limites d'utilisation » (mer.gouv.fr)
- « Les divisions sécurité plaisance » (Division 240 annexée à l'arrêté du 23 novembre 1987, modifiée en dernier lieu par l'arrêté du 21 mai 2026)
- « Comment alerter les secours en mer ? » (mer.gouv.fr)
Aide à la préparation, pas pour la navigation. Cap Calme n'est pas un instrument de navigation : il ne remplace ni les cartes du SHOM, ni les avis aux navigateurs, ni le bulletin météo marine. Seuls les textes officiels font foi. Règles vérifiées le 24 octobre 2026 sur mer.gouv.fr. La décision de partir reste celle du chef de bord.